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L’impact de l’immigration sur l’économie française : sortir du « cercle vicieux » et prioriser l’emploi

L’impact de l’immigration sur l’économie française : sortir du « cercle vicieux » et prioriser l’emploi

L’essentiel

• L’immigration, dans ses réalités actuelles, aggrave les problèmes structurels de l’emploi en France. En moyenne, et malgré des trajectoires évidentes de réussite individuelle, les immigrés :
o sont moins en emploi que les natifs, le taux d’emploi des immigrés en France étant le deuxième plus faible de l’OCDE après celui de la Belgique ;
o tendent à réduire la productivité du fait de leur plus faible qualification ;
o travaillent moins dans l’industrie que les natifs.

• L’immigration dégrade les comptes publics. Selon l’OCDE, les recettes budgétaires apportées par les immigrés ne financent que 86% des dépenses publiques qui leurs sont affectées – avec des écarts évidents selon les types d’immigration. Seules l’Estonie et la Lituanie présentent de plus mauvais ratios budgétaires que la France.

• L’immigration bénéficie principalement aux secteurs économiques abrités de la concurrence internationale (en particulier la construction et la sécurité) et pénalise indirectement les secteurs exposés comme l’industrie par le surcroit de prélèvements qu’elle entraine – du fait d’une contribution négative aux finances publiques.

• Dans sa forme actuelle, l’immigration présente des effets contradictoires sur notre économie. D’un côté elle contribue à résoudre certaines pénuries de travail sectorielles ; de l’autre côté elle dégrade globalement le taux d’emploi du pays au niveau macro et accentue ainsi le déséquilibre de nos finances publiques ainsi que celui de notre déficit de production de biens et services exportables. Elle ne cause pas, mais accentue les principaux maux de l’économie française : insuffisance de travail, insuffisance de production, déficits des finances publiques.

• Pour sortir de ce « cercle vicieux », il apparaît nécessaire de réformer conjointement le système français de formation, notre modèle social et notre politique d’immigration, afin de rendre à l’économie française un taux d’emploi au moins comparable à celui de ses concurrents.

Note méthodologique :


Pour l’OCDE, comme pour les Nations Unies, est immigrée toute « personne née dans un autre pays que celui où elle réside ». Cette définition ne tient pas compte de la nationalité de la personne. Elle diffère donc de la définition ordinairement utilisée par la statistique publique en France, telle que retenue par le Haut Conseil à l’Intégration (dissous en 2012) : « un immigré est une personne née étrangère à l’étranger et résidant en France ».

Lorsque les données employées dans la présente note sont issues de l’OCDE, elles reprennent évidemment les définitions employées par cette organisation.

Des personnes nées à l’étranger avec la nationalité française peuvent alors être incluses dans la catégorie « immigrés ». Cependant, au regard du profil socio-économique des expatriés français : il apparaît très probable que la soustraction des Français nés à l’étranger de cette catégorie OCDE ne ferait que renforcer le constat, ici documenté, des impacts économiques et budgétaires négatifs de l’immigration actuellement reçue en France.

L’économie française est affaiblie par trois grandes déficiences structurelles en matière d’emploi :

  1. L’insuffisance de travail qui se matérialise par un taux d’emploi faible ;
  2. Le recul de la productivité du travail ;
  3. La désindustrialisation qui résulte d’un record de prélèvements obligatoires, mais également de difficultés de recrutement pour les entreprises industrielles.

Ces trois enjeux sont cruciaux pour le redressement de l’économie française et celui des comptes publics.

Quel est l’apport de l’immigration pour remédier à ces trois déficiences ?

1.1 Le faible taux d’emploi des immigrés et des descendants d’immigrés pénalise notre croissance

Le taux d’emploi est la proportion de personnes occupant un emploi parmi celles en âge de travailler. Cet indicateur constitue un enjeu primordial, car le travail est le moteur de la croissance économique et de la prospérité d’un pays. Or, le taux d’emploi constaté en France (69 % des 15-64 ans en emploi au T2 2024) est inférieur de 5 à 13 points à celui d’autres pays voisins : Royaume Uni (74,5 %), Allemagne (77,4 %) , Suisse (80,4 %), Pays-Bas (82,5 %)1.

Notre sous-emploi a d’importantes conséquences économiques, pour trois raisons principales :
• Moins de travailleurs, c’est moins de production pour le pays et donc moins de revenus par habitant ;
• Moins de production, c’est moins de recettes fiscales et sociales pour l’Etat et donc des impôts plus élevés pour ceux qui produisent. Ils sont davantage taxés pour compenser cette perte de recettes et financer le fonctionnement de l’Etat ;• Moins de travailleurs, c’est également plus de chômeurs et d’inactifs qu’il faut aider pour leur permettre de vivre, avec encore une fois une redistribution financée par les impôts de ceux qui produisent.

L’immigration est régulièrement évoquée comme une solution pour pallier les pénuries de main d’œuvre, augmenter la croissance et ainsi rétablir nos comptes publics. Qu’en est-il exactement ?

Malheureusement, la France se caractérise par le 2ème plus faible taux d’emploi des immigrés en Europe2 :

  Pays  Taux d’emploi des immigrés en 2023  
  Belgique    61,4%
  France    62,4%
  Grèce    62,5%
  Moyenne OCDE    71,8%
  Moyenne UE 27    67,5%

Les immigrés en âge de travailler sont beaucoup moins en emploi en France que les natifs (62,4% contre 69,5%) soit un écart de 7,1 points3.

De même, selon l’INSEE, 1,74 million d’immigrés stricto sensu – nés étrangers à l’étranger – n’étaient ni en emploi, ni en études ni en retraite en France en 2021. Ce nombre représentait 27% de la population immigrée de « première génération » âgée de 15 ans et plus, soit plus du double du taux observé dans la population non-immigrée (13%)4.

Si l’on choisit de retenir plutôt le critère de la nationalité, le constat apparaît encore plus marqué : 30,5% des étrangers de plus de 15 ans n’étaient ni en emploi, ni en études, ni en retraite la même année 2021, contre 13% des Français. 1,27 million de ressortissants étrangers se trouvaient ainsi dans le spectre du chômage ou de l’inactivité sur le territoire national5.

L’immigration n’améliore donc pas le taux d’emploi défaillant de la France, mais au contraire le dégrade fortement. Dans d’autres pays, à l’inverse du nôtre, on identifie une amélioration du taux d’emploi grâce à l’immigration – avec des immigrés qui sont, en moyenne, davantage en emploi que les natifs :

  Pays  Écarts des taux d’emploi entre immigrés et personnes nées dans le pays (2023)  
  Luxembourg    +10,5 points
  Slovaquie    +6,6 points
  Portugal    +4,7 points
  Irlande    +4,2 points
  Etats-Unis    +3,1 points

Dans 18 des 35 pays de l’OCDE et 13 des 27 pays européens, le taux d’emploi des immigrés est supérieur à celui des natifs, mais quand on pondère par la population, leur taux d’emploi s’avère inférieur de -0,6 point pour l’ensemble de l’OCDE et de -3,4 points pour l’Union européenne6.
L’enquête emploi INSEE 20237 permet d’approfondir l‘analyse en distinguant :

  Origine migratoire    Taux d’emploi en 2023
  Personnes sans ascendance migratoire    70,7%
  Immigrés (1ère génération)    62,5%
  Descendants d’immigrés (2ème génération)    59,7%
  Ensemble de la population    68,4%

Le faible taux d’emploi concerne une part importante de la population d’origine immigrée sur deux générations, laquelle représente 22,7 % de la population de la France selon l’INSEE8 (les immigrés représentant 10,6% de la population générale, et les descendants d’immigrés de deuxième génération 12,1 %). Le fait que le taux d’emploi des descendants d’immigrés soit inférieur à celui de leurs parents témoigne des échecs du processus d’intégration ; il indique que l’immigration a un effet négatif durable sur le taux d’emploi et, par contrecoup, sur l’économie du pays.

La part des jeunes nés en France de parents immigrés qui n’étaient ni en emploi, ni en scolarité, ni en formation, était de 24% pour les années 2020-2021 selon les données OCDE. Il s’agissait du 2ème taux le plus élevé d’Europe et du monde occidental, derrière la seule Belgique9.

Enfin, si l’on tient compte de la nationalité et non de l’origine géographique : à peine la moitié (56,2%) des étrangers extra-européens en âge actif occupaient un emploi en 2024, soit un taux inférieur de 14 points à celui des citoyens français (69,9%), mais aussi de 22 points à celui des étrangers extra-européens en Irlande, 15 points de moins qu’au Danemark ou 5 points de moins qu’en Italie10.

1.2 L’immigration tend à réduire la productivité du travail

La productivité apparente du travail en France, mesurée comme le rapport du PIB à l’emploi exprimé en personnes physiques, a reculé de 3,5 % entre 2019 et 202311 alors qu’elle progressait de +0,5 à +0,6 % en moyenne par an entre 2011 et 2019. En comparant le niveau de la productivité en 2023 à son niveau tendanciel, c’est-à-dire celui qui aurait été atteint si le ratio avait évolué depuis 2020 au rythme annuel moyen observé entre 2011 et 2019, le déficit de productivité est donc de l’ordre de 5,5 points12.

Or, à long terme, l’évolution du niveau de vie mesurée par le PIB/habitant reflète avant tout celle de la productivité par tête (PIB/emploi), outre celle du taux d’emploi par habitant que nous avons analysée précédemment. Un recul de la productivité se traduit donc par une baisse des salaires réels et/ou une baisse des profits des entreprises – c’est ce que l’on observe aujourd’hui en France. Le recul de la productivité joue un rôle sous-estimé dans la crise budgétaire actuelle, car il entraine de moindres rentrées d’impôts sur les personnes et les entreprises.

Les principaux ressorts de la productivité résident dans le niveau de qualification et d’expertise des travailleurs ainsi que dans la dynamique d’innovation, et ce sera probablement encore plus le cas demain avec la révolution de l’intelligence artificielle.

Quel est l’apport de l’immigration pour agir sur ces leviers ?

Les données disponibles ne permettent pas de quantifier l’impact de l’immigration sur la productivité du travail, mais plusieurs indicateurs montrent qu’elle la dégrade.

L’immigration pèse sur la productivité par un niveau de qualification (mesuré par le diplôme) très inférieur à celui des natifs : 31 % des immigrés âgés de 30 à 39 ans ne possèdent aucun diplôme, contre 10 % pour les personnes sans ascendance migratoire13 – et la proportion s’avère encore plus élevée pour les personnes plus âgées. La diplomation progresse chez les descendants d’immigrés, tout en restant inférieure à celle des personnes sans ascendance migratoire :

Par ailleurs, alors même que la France accueille un nombre important d’étudiants internationaux, les immigrés qu’elle attire s’engagent moins fréquemment dans des parcours propices à l’innovation, notamment dans le domaine des nouvelles technologies. La France apparaît ainsi loin derrière les États-Unis, le Canada, les Pays-Bas ou le Royaume-Uni, avec moins de 10 % de propriétaires de brevet d’origine étrangère entre 2011 et 201514 :

De la même façon, les immigrés contribuent un peu moins à la dynamique entrepreneuriale que les natifs en France lorsqu’on considère « l’entrepreneuriat par choix »15 , c’est-à-dire ceux qui sont porteurs d’un projet entrepreneurial :

Dans quelques pays (Pays-Bas, États-Unis, Portugal, Espagne), les immigrés sont porteurs d’une dynamique d’entreprenariat choisi légèrement meilleure que les non-immigrés.

« Si la France avait eu la même évolution de la productivité que l’ensemble de la zone euro et si la France avait le taux d’emploi des pays de la zone euro où le taux d’emploi est élevé, le niveau du PIB de la France serait supérieur de 15,3 % à celui d’aujourd’hui, et le déficit public serait inférieur en France de 8,3 points de PIB. C’est-à-dire que la France aurait un excédent budgétaire et le revenu des Français serait en moyenne supérieur de 15%. » Natixis (Flash Economie 23 novembre 2023 n° 675).
Dans sa forme actuelle, l’immigration nous éloigne de ce double objectif d’amélioration du taux d’emploi et de la productivité, qui devrait être au cœur des politiques publiques.

1.3 L’immigration ne résout pas les difficultés de recrutement de l’industrie

La réindustrialisation du pays est indispensable pour trois raisons :
● Pour équilibrer notre balance commerciale et notre balance des paiements, dont le déficit nous oblige à nous endetter tout simplement pour le financer ;
● L’industrie est le plus important pourvoyeur de gains de productivité, dans un contexte où le recul de la productivité mine notre croissance et le pouvoir d’achat. Elle crée des emplois qualifiés bien rémunérés qui irriguent les territoires et qui ne nécessitent pas d’être complétés par des aides ;
● L’industrie est le meilleur pourvoyeur de recettes fiscales et sociales grâce à sa plus forte valeur ajoutée et grâce à ses effets d’entrainements : un emploi industriel crée 1,3 emploi en moyenne dans le reste de l’économie.

Si nous revenions au même niveau d’industrialisation que la moyenne européenne (15 % du PIB contre 10 % pour la France)16, nous aurions un million d’emplois industriels supplémentaires (4,3 millions d’emplois au lieu de 3,3), qui créeraient par ailleurs 1,3 million d’emplois dans le reste de l’économie (coefficient multiplicateur de 1,3) et entraineraient un supplément de recettes publiques de 100 milliards d’euros par an. Nos problèmes budgétaires (et de pouvoir d’achat) seraient largement résolus. Il ne peut y avoir de redressement des finances publiques sans redressement productif.

Or, 62% des dirigeants de PME-ETI industrielles déclarent rencontrer des difficultés régulières de recrutement, et pour 64% d’entre eux, elles sont structurelles17.

Pourtant, malgré les difficultés de recrutement, l’industrie figure parmi les secteurs accueillant le moins de main d’œuvre étrangère (6%), loin derrière la construction (13 % d’effectifs étrangers)18. Seuls 32 % des dirigeants d’entreprises industrielles estiment qu’il faudrait plus d’immigration professionnelle19.

Ce moindre recours à la main d’œuvre étrangère est logique. Ne subsistent, en France du fait de leur surtaxation et des charges sociales record, que les industries à haute valeur ajoutée demandant des qualifications élevées, qui ne correspondent pas aux qualifications des immigrés en général. Les industries à faible valeur ajoutée ont été grandement délocalisées. Les PME et ETI industrielles ont particulièrement besoin de recruter des ouvriers qualifiés et des techniciens (cités respectivement par 74 % et 42 % des dirigeants industriels20). Ce besoin devrait encore s’accroitre, compte tenu des évolutions technologiques.

L’immigration dans sa forme actuelle ne constitue pas un levier de réindustrialisation.

Si les immigrés et les descendants d’immigrés étaient autant en emploi que les personnes sans ascendance migratoire :
• Le taux d’emploi en France serait celui des personnes sans ascendance migratoire soit 70,7 % au lieu de 68,4 % actuellement, soit une augmentation de 3,36%.
• Grâce à ce taux d’emploi plus élevé de 3,36%, le PIB français se serait élevé en 2024 à 3015 milliards d’euros au lieu de 2917 milliards d’euros21, soit une augmentation de 98 milliards d’euros.
• Les comptes publics 2024 auraient bénéficié d’un apport supplémentaire de 45 milliards d’euros22, ce qui aurait réduit notre déficit public de 1,5 point de PIB.

Le moindre taux d’emploi des immigrés et descendants d’immigrés représente une perte de PIB de 3,4 % et une perte de recettes fiscales et sociales de 1,5 points de PIB.

Cette évaluation du déficit de contribution de l’immigration est un minorant car elle ne tient pas compte de la moindre qualification des immigrés.
Ces chiffres sont cohérents avec le ratio budgétaire total calculé par l’OCDE23 qui mesure le rapport entre les recettes publiques versées par les immigrés et les dépenses publiques qui leur sont consacrées (voir données complètes en annexe 1).
En France, les recettes budgétaires apportées par les immigrés ne financent que 86 % des dépenses publiques qui leur sont affectées, alors que l’immigration est, par exemple, particulièrement bénéfique pour le budget du Portugal avec un ratio de 140 % :

  Pays  Ratio budgétaire total immigration : recettes / dépenses publiques (2017)  
  Portugal    140%
  Grande Bretagne    127%
  République Tchèque    126%
  Italie    124%
  France    86%

Au sein de l’OCDE, seules l’Estonie et la Lituanie présentent de plus mauvais ratios budgétaires que la France.

Le taux de pauvreté relative (calculé par rapport au salaire médian de chaque pays) des étrangers extra-européens en France était de 47,6% en 2020, contre 11,5% pour les citoyens français, soit un taux quatre fois supérieur et un écart record de 36 points. Il est le plus élevé d’Europe pour les étrangers hors-UE, à égalité avec l’Espagne24. De même, selon l’INSEE : 51% des bénéficiaires de l’aide alimentaire sont des immigrés25, soit une part 5 fois supérieure à celle des immigrés dans la population générale.

Corrélativement, en écartant les prestations de retraite (corrélées à l’âge) et les allocations chômage (qui concernent plus fortement les immigrés mais résultent d’une cotisation préalable) : les immigrés perçoivent un montant moyen annuel de prestations sociales deux fois supérieur à celui des personnes sans ascendance migratoire (2 380 euros contre 1 200 euros en 2019), voire près de trois fois supérieur pour les immigrés originaires d’Afrique (3 130 euros). Cet écart persiste à la deuxième génération, puisque le montant moyen de prestations sociales perçu par les descendants d’immigrés est encore de 2 300 euros par an26.

Par ailleurs, 35% des immigrés âgés de 18 à 59 ans occupaient un logement social en 2019-2020, contre 11% des individus sans ascendance migratoire, cette moyenne recouvrant de fortes disparités selon l’origine (57% des immigrés originaires d’Afrique sahélienne, 52% des immigrés originaires de pays d’Afrique guinéenne ou centrale, 49% des immigrés algériens)27.

En France, l’immigration dégrade les comptes publics et réduit le pouvoir d’achat des natifs, ces derniers devant être davantage imposés pour compenser ce déficit contributif.

En France, ce sont les secteurs abrités de la concurrence internationale28 qui recourent le plus à la main d’œuvre immigrée faiblement qualifiée et qui militent pour cette solution :

Les secteurs économiques abrités produisent pour satisfaire exclusivement la demande intérieure (par exemple services à la personne, sécurité, construction, travaux publics). Les secteurs exposés produisent des biens et des services pouvant être produits dans un pays et consommés dans un autre (automobile). Le secteur du tourisme est partiellement exposé, car les consommateurs étrangers peuvent opter pour d’autres destinations.

L’immigration apparait comme une solution pour certains secteurs ou certaines entreprises du secteur abrité au niveau micro, mais elle pénalise l’ensemble de l’économie au niveau macro : son déficit contributif, entrainé par son faible taux d’emploi, nécessite une hausse globale des prélèvements sur l’ensemble de l’économie pour le compenser.

Les secteurs abrités sont indifférents au poids de ces contributions car ils ne sont pas confrontés à la concurrence internationale. Au contraire, les secteurs en concurrence sont frappés de plein fouet par cette surimposition. L’immigration amplifie ainsi le biais fondamental du système fiscalo-redistributif français, qui opère des transferts financiers massifs des activités et des emplois à haute valeur ajoutée vers les secteurs et les emplois à faible valeur ajoutée, et des secteurs exposés à la concurrence internationale (ceux dont nous avons le plus besoin) vers les secteurs qui en sont protégés. En effet, nous avons d’un côté, des records d’impôts de production, d’imposition et de sur-cotisations sur les hauts salaires ; et de l’autre côté des records d’aides sociales et d’exonérations de charge sur les bas salaires.

Deux secteurs tirent un double bénéfice de l’immigration, avec, en plus d’un accès facilité à une main d’œuvre peu qualifiée, une augmentation de leur activité générée par l’immigration.

C’est d’abord le cas de la construction : plus d’immigration induit pour ce secteur plus d’activité, car il faut construire des logements et des infrastructures pour cette nouvelle population.

     % de l’activité dans la valeur ajoutée nationale29
  Secteur    2000  2021
  Construction    4,8%  5,7%
  Industrie    18,8%  12,5%

C’est également le cas de la sécurité privée, qui est l’un des secteurs faisant le plus appel à l’immigration (28 % des salariés30) et connaît un développement fulgurant : 130 000 emplois en 2010, 180 000 en 202331. On peut estimer qu’il bénéficie d’un besoin accru de protection découlant de l’accroissement de l’immigration depuis le début des années 2000. On observe en effet une surreprésentation des étrangers dans les statistiques sur la délinquance. En 2024, les étrangers (qui comptaient pour 8,2% de la population) ont été mis en cause dans 38 % des cambriolages, 30% des vols violents sans armes, 22 % des vols avec armes, 18 % des homicides32.

L’immigration bénéficie ainsi aux secteurs abrités de la concurrence internationale (en particulier dans la construction et la sécurité) et pénalise indirectement les secteurs exposés comme l’industrie par leur surimposition (induite par le plus faible taux d’emploi des immigrés), alors que nous avons un besoin absolu de les relancer pour redresser nos finances.

En cela, elle amplifie le mal français caractérisé par l’insuffisance de production de biens et services exportables – alimentant notre déficit de la balance des paiements.

Dans sa forme actuelle, l’immigration présente donc des effets contradictoires sur notre économie. D’une part, elle contribue à résoudre des pénuries de travail sectorielles dans les secteurs abrités ; de l’autre part, elle dégrade globalement le taux d’emploi du pays au niveau macro et accentue ainsi le déséquilibre de nos finances publiques, ainsi que notre déficit de production de biens et services exportables. Elle ne cause pas, mais accentue les principaux maux de l’économie française.

Plusieurs réformes permettraient de moins et mieux recourir à l’immigration.

4.1 Réorienter notre politique de diplomation vers la réalité des besoins de l’économie

La France a mis en place une politique du « droit aux études », menée depuis près de 40 ans, devenue « droit aux études supérieures » au fil du temps, En 2023, la proportion de bacheliers dans une génération s’est élevée à 79,6 % et, en moyenne entre 2019 et 2021, 52 % des jeunes sortants de formation initiale sont diplômés de l’enseignement supérieur. Les jeunes générations sont ainsi de plus en plus diplômées, mais les postes de travail qualifiés, notamment de cadres supérieurs, ne se développent pas suffisamment pour absorber le flux de diplômés. En 2021, 96 000 français de moins de 30 ans ont obtenu un master à l’université33. Au sein de ces derniers, 27,4 % ont poursuivi ou repris des études en France dans les deux années suivantes34. Parmi ceux entrés dans la vie active, 78,1 % occupent un emploi salarié en France 18 mois après la fin de leur cursus35. Ce taux d’emploi semble élevé, mais si l’on considère que le master a une finalité professionnelle, le taux d’emploi réel des diplômés en sortie de Master est de 57 % (diplômés en emploi / nombre de diplômés), soit beaucoup moins que le taux d’emploi moyen.

Les diplômés de master finissent par trouver un emploi, mais en acceptant souvent des postes habituellement attribués à des personnes moins qualifiées. Un phénomène de file d’attente se forme ainsi, où les moins qualifiés sont repoussés vers le bas. Les bac+5 prennent la place des bac+3, qui prennent la place des bacheliers …

De plus, notre enseignement supérieur prépare beaucoup à des postes « administratifs » au sens large du terme, comme en atteste une étude de l’OCDE36 :

     Destination des diplômés de l’enseignement supérieur en 2021  
  Domaine    France  Allemagne
  Commerce, administration, droit, social, santé    46%  34%
  Sciences, techniques, mathématiques    24%  35%

Cette politique de diplomation « administrative » est en ligne avec le modèle économique que nous avons mis en place après les chocs pétroliers de 1973 et 1979 (le dernier budget à l’équilibre date de 1974). Nous avons sacrifié notre industrie, en lui faisant « payer la facture » des chocs pétroliers par une augmentation massive des impôts à la production pour sauvegarder le pouvoir d’achat des Français. La désindustrialisation qui en a résulté a amené à créer de l’emploi public (qualifié d’amortisseur social), en remplacement des emplois industriels perdus dans les territoires :

  Effectifs    1975  2019  Évolution  Évolution %
  Fonction publique État    2 423 000  2 507 000  + 84 000  + 3,4%
  Fonction publique territoriale    959 000  1 968 000  + 1 009 000  + 105%
  Fonction publique hospitalière    600 000  1 153 000  + 553 000  + 92%
  Industrie    5 928 000  2 315 000  – 2 613 000  – 44%
Source : Fondation Concorde, Débureaucratiser pour réduire la dépense publique et relancer la croissance37

Cette politique est surtout en très fort décalage avec la réalité des besoins de l’économie. Par exemple, les diplômes supérieurs ne préparent qu’à un seul des métiers (animateur socioculturel) figurant dans le top 10 des professions les plus recherchées de France Travail38 :

Plus de 90 % des emplois pour les métiers des 10 emplois les plus recherchés ne nécessitent pas de diplômes supérieurs. Or, notre politique de forte diplomation (soit 52 % d’une génération) :
• Produit trop de qualifications administratives et sociales, aboutissant en réalité à un taux d’emploi médiocre des diplômés et à un prolongement des études, avec des perspectives d’emploi incertaines – et mène souvent à la déqualification des emplois occupés ;
• Ne satisfait pas les besoins en qualifications scientifiques (ingénieurs, mathématiques) qui sont à la base du progrès et de la croissance d’un pays ;
• Ne satisfait pas les besoins en qualifications supérieures dans le secteur de la santé (médecins, infirmiers) ;
• Crée une forte inadéquation entre réalité des besoins en emplois et formations, qui ne peut se résoudre que par le recours à la main d’œuvre immigrée. En effet, cette politique de diplomation détourne des emplois à faible qualification en les dévalorisant et crée une immense frustration, dangereuse pour les équilibres politiques et sociaux. Qui est en effet prêt à occuper un emploi de chauffeur routier avec un diplôme supérieur ? Alors que cet emploi est tout aussi utile à la société qu’un autre.

Cette inadéquation entre des diplômes élevés à vocation juridique, administrative, sociale et la réalité des besoins en emploi de l’économie est une des causes du faible taux d’emploi en France. D’un côté, il entraine un taux d’emploi médiocre des diplômés (en 2024, 10% des personnes actives ayant un diplôme de niveau bac + 2 ou plus et ayant achevé leur formation initiale depuis 1 à 4 ans sont au chômage) ; de l’autre côté, il faut recourir à l’immigration pour pourvoir des emplois dans les secteurs dont se détournent les Français sans ascendance migratoire trop diplômés, alors qu’au niveau macroéconomique l’immigration réduit encore davantage le taux d’emploi. C’est un véritable cercle vicieux qui s’est ainsi mis en place.

On observe ainsi une forme « d’apartheid » de l’emploi en France39 :

• L’on compte globalement peu de salariés étrangers dans les secteurs ouverts à la concurrence internationale (moins que dans les autres pays développés) ;
• Dans les secteurs abrités, la situation est plus contrastée : les postes peu qualifiés dans le BTP, le commerce, le transport sont souvent occupés par des étrangers ; les postes à statut dans l’administration sont plutôt occupés par des Français (près de 35 % de ces derniers sont ainsi employés dans l’administration, l’enseignement, la santé ou l’action sociale).

Pour rompre ce cercle vicieux nous proposons plusieurs priorités concernant les études supérieures :
• Acter l’échec du droit aux études supérieures ;
• Réintroduire de la sélectivité en réhaussant le niveau d’exigences pour l’obtention du baccalauréat : le taux de réussite au baccalauréat général était de 95,7 % en 202340, contre 63,9 % en 198041. Il doit redevenir une garantie d’un niveau suffisant pour entreprendre des études supérieures. Cela permettrait de réorienter les élèves vers les filières courtes préparant à la réalité du marché du travail ;
• Réduire le poids des filières universitaires sans débouchés ;
• Symétriquement, renforcer les enseignements scientifiques à l’université. Nous ne formons actuellement que 48 000 ingénieurs par an42 alors que l’économie française en a besoin de 58 000 à 60 000 supplémentaires43 ;
• Restreindre l’accueil des étudiants étrangers aux filières scientifiques après évaluation de leur niveau. Nous formons actuellement beaucoup les étudiants étrangers (17 % des étudiants en Master chaque année44) aux filières administratives, ce qui ne rend pas forcément service à leur pays quand ils y rentrent et ne rend pas service à la France lorsqu’ils restent sur le territoire français.

4.2 Réformer fondamentalement le lycée professionnel qui est en échec

Alors que les lycées professionnels devraient représenter la « voie royale » pour former les élèves à la réalité des besoins des entreprises, leurs taux d’insertion professionnelle sont beaucoup plus faibles que ceux des centres d’apprentissage45. Leur inefficacité, dans leur forme actuelle, est sanctionnée par un constat sans appel : au-delà de leurs faibles taux d’insertion professionnelle, ils n’apportent aucune plus-value sous la forme d’un gain financier en salaires à leurs élèves46 alors que la France bénéficie d’un des meilleurs taux d’encadrement de l’OCDE avec un enseignant pour 8 élèves47. C’est-à-dire qu’un enfant qui ne fait pas d’études aura les mêmes revenus de travail qu’un enfant qui suit le cursus d’un lycée professionnel. Nous sommes le seul pays de l’OCDE avec la Finlande dans cette situation48.
La première cause de cet échec de grande ampleur réside dans l’inadéquation des formations professionnelles proposées par l’Education nationale avec les besoins des entreprises. L’Education nationale offre les formations en fonction des profils de compétence de son réservoir de professeurs et non pas en fonction des besoins des entreprises.

C’est un terrible gaspillage humain, car un élève bien formé dans une filière professionnelle peut trouver un bon emploi, souvent mieux rémunéré que ce que peut obtenir un « mauvais » master, comme en témoigne la réussite des élèves qui suivent un parcours d’apprentissage.

Nos propositions :
• Basculer le plus possible l’enseignement professionnel vers l’apprentissage et les écoles de production qui s’adressent aux jeunes déscolarisés ;
• Supprimer les filières d’enseignements professionnels sans débouchés ;
• Confier les lycées professionnels aux collectivités locales en cogestion avec les chambres de commerce et d’industrie, de façon à déployer les formations répondant aux besoins des bassins d’emploi.
Ces mesures augmenteraient considérablement les chances des jeunes de s’insérer dans l’emploi, tout en réduisant les dépenses d’éducation. Mais surtout, l’effet de levier sur les recettes de l’Etat serait considérable. Si l’on obtenait à terme, grâce à ces réformes, 500 000 personnes de plus en emploi : les recettes fiscales et sociales de l’Etat augmenteraient de 20 milliards d’euros et feraient baisser notre déficit de 0,7 % du PIB.

4.3 Redresser le taux d’emploi de l’immigration en réformant notre système social

Comme nous l’avons constaté, le taux d’emploi des immigrés (62,4 %) est particulièrement faible en France comparativement à d’autres pays49. Les comparaisons internationales permettent de prendre conscience de la désincitation au travail du système social français, qui concerne aussi bien les natifs que les immigrés, et de l’ampleur du chemin à parcourir50 :

  Pays  Taux d’emploi des immigrés  Taux d’emploi des natifs  
  France    62,4%  69,5%
  Pays-Bas    71,6%  84,7%
  Suisse    77%  82,5%

Le taux d’emploi des immigrés en Suisse et aux Pays-Bas est inférieur à celui des natifs de ces pays mais est supérieur au taux d’emploi des natifs français.

Grâce notamment à ces taux d’emplois plus élevés, les finances de ces pays sont quasiment à l’équilibre et le revenu de leurs habitants est très supérieur à celui des Français : plus du double pour les Suisses, 44 % supérieur pour les Néerlandais.51

Différer de 3 ans le bénéfice des prestations sociales non contributives (RSA, allocation logement, allocations familiales, minimum vieillesse, prime d’activité c’est-à-dire sans contrepartie de cotisations sur le travail) permettrait d’inciter au travail et de redresser fortement le taux d’emploi des immigrés. La proposition de loi créant une condition de durée de résidence pour le versement de certaines prestations sociales, déposée le 3 février 2025 devant le Sénat, vise à conditionner le versement des prestation sociales non contributives à une durée de résidence d’au moins deux ans sur le territoire français. Elle fait suite à une décision rendue le 11 avril 2024 par le Conseil constitutionnel, qui avait censuré un délai de carence de 5 ans en la matière.

Symétriquement, il pourrait être envisagé de mettre en place une allocation sociale unique significativement inférieure au SMIC afin de redresser le taux d’emploi des natifs.

4.4 Intégrer le critère de taux d’emploi dans la politique d’octroi des visas

Source : Inactivité, chômage et emploi des immigrés et descendants d’immigrés – Données annuelles INSEE 202352

Intégrer ce critère devrait amener des politiques beaucoup plus restrictives et sélectives pour les pays dont le taux d’emploi des ressortissants en France est inférieur à 60%. Comme nous l’avons exprimé précédemment, il faut en particulier recentrer les visas et les titres de séjour pour études sur les filières scientifiques.

Cette politique contribue à la réussite technologique des États-Unis :

  1. OCDE, communiqué de presse  « Situation du marché du travail », 15 octobre 2024 :
    https://www.oecd.org/content/dam/oecd/fr/data/perspectives/publications-statistiques/2024/10/labour-market-situation-oecd-10-2024-Fr.pdf ↩︎
  2. OCDE, « Perspectives des migrations internationales 2024 », page 63 :
    https://www.oecd.org/content/dam/oecd/fr/publications/reports/2024/11/international-migration-outlook-2024_c6f3e803/4fa9de98-fr.pdf ↩︎
  3. Idem ↩︎
  4. Calcul OID à partir du fichier de recensement IMG2A (INSEE) pour l’année 2021, paru le 27/06/2024 : https://www.insee.fr/fr/statistiques/8202714 ↩︎
  5. Calcul OID à partir du fichier de recensement NAT2 (INSEE) pour l’année 2021, paru le 27/06/2021 : https://www.insee.fr/fr/statistiques/8202752 ↩︎
  6. OCDE, « Perspectives des migrations internationales 2024 » page 63 :
    https://www.oecd.org/content/dam/oecd/fr/publications/reports/2024/11/international-migration-outlook-2024_c6f3e803/4fa9de98-fr.pdf ↩︎
  7. INSEE, « Inactivité, chômage et emploi des immigrés et descendants d’immigrés », Données annuelles 2023 :
    https://www.insee.fr/fr/statistiques/4195420 ↩︎
  8. INSEE, « Immigrés et descendants d’immigrés », paru le 21/11/2024 : https://www.insee.fr/fr/statistiques/8242329?sommaire=8242421 ↩︎
  9. OCDE « Les indicateurs de l’intégration des immigrés 2023 », parution du 15/06/2023, chapitre 7.12 :
    https://www.oecd.org/content/dam/oecd/fr/publications/reports/2023/06/indicators-of-immigrant-integration-2023_70d202c4/d5253a21-fr.pdf ↩︎
  10. Eurostat, « Taux d’emploi par sexe, âge et nationalité », mise à jour du 14/04/2025 : https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/lfsa_ergan__custom_16959174/default/table?lang=fr ↩︎
  11. Le blog de l’INSEE, « À la recherche des gains de productivité perdus depuis la crise sanitaire, 19/07/2024 :
    https://blog.insee.fr/la-productivite-du-travail-fr-depuis-la-crise-sanitaire/ ↩︎
  12. Idem ↩︎
  13.  INSEE, « Activité, emploi et chômage en 2021 » – Enquête emploi en continu – Fichier détail, 18/11/2022 :
    https://www.insee.fr/fr/statistiques/6654604 ↩︎
  14. « L’immigration qualifiée : un visa pour la croissance ». Note du conseil économique et social numéro 67, 2021 : https://www.cae-eco.fr/limmigration-qualifiee-un-visa-pour-la-croissance ↩︎
  15. EFT-UE 2017-19 ; CPS 2017-19 ; Australie, Participation, Job Search and Mobility 2017-19 ↩︎
  16. Fondation Concorde, « Débureaucratiser pour réduire la dépense publique et relancer la croissance », 15/10/2024 :
    https://www.fondationconcorde.com/etudes/debureaucratiser-pour-reduire-la-depense-publique-et-relancer-la-croissance/ ↩︎
  17. BPI France, « Les collaborateurs étrangers dans les PME et ETI industrielles, une des réponses aux difficultés de recrutement », 19/06/2023 :
    https://lelab.bpifrance.fr/Etudes/les-collaborateurs-etrangers-dans-les-pme-et-eti-industrielles-une-des-reponses-aux-difficultes-de-recrutement ↩︎
  18. Idem ↩︎
  19. Idem ↩︎
  20. Idem ↩︎
  21. Ministère de l’Economie et des Finances, « Quel est le PIB de la France ? » :
    https://www.economie.gouv.fr/cedef/fiches-pratiques/quel-est-le-pib-de-la-france ↩︎
  22. Étant donné le taux de prélèvements obligatoires de 45,6 % : 98 milliards d’euros x 0,456 = 44,7 milliards d’euros ↩︎
  23. OCDE, « Perspectives des migrations internationales 2021 », page 162 :
    https://www.oecd.org/content/dam/oecd/fr/publications/reports/2021/10/international-migration-outlook-2021_ea4f9277/da2bbd99-fr.pdf ↩︎
  24. OCDE « Les indicateurs de l’intégration des immigrés 2023 », parution du 15/06/2023, chapitre 8.9 :
    https://www.oecd.org/content/dam/oecd/fr/publications/reports/2023/06/indicators-of-immigrant-integration-2023_70d202c4/d5253a21-fr.pdf ↩︎
  25. INSEE, « France portrait social | Edition 2022 », publication du 22 novembre 2022 :
    https://www.insee.fr/fr/statistiques/6535297?sommaire=6535307#encadre1 ↩︎
  26. INSEE, « Niveau de vie et pauvreté monétaire », 30/03/2023 :
    https://www.insee.fr/fr/statistiques/6793278?sommaire=6793391#tableau-figure2 ↩︎
  27. INSEE, « Immigrés et descendants d’immigrés » – Conditions de logement, 30/03/2023 :
    https://www.insee.fr/fr/statistiques/6793286?sommaire=6793391 ↩︎
  28. DARES, « Les métiers des immigrés », note 254, septembre 2021, page 16 :
    https://dares.travail-emploi.gouv.fr/sites/default/files/603e003378fb28cf5870f021de8a0ff4/Document%20d%27%C3%A9tudes_metiers_immigr%C3%A9s.pdf ↩︎
  29. INSEE, « Valeur ajoutée par branche » : https://www.insee.fr/fr/statistiques/2830197 ↩︎
  30. Idem ↩︎
  31. « En toute sécurité, L’état des lieux des entreprises de sécurité privée en France en 2023 et les perspectives en 2024 », 03/04/2024 :
     https://www.entoutesecurite.fr/etat-des-lieux-entreprises-securite-privee-france/ ↩︎
  32. Ministère de l’Intérieur, « Insécurité et délinquance en 2024 : Première photographie et atlas départemental » :
    https://mobile.interieur.gouv.fr/Media/SSMSI/Donnees-bilan-provisoire-20242 ↩︎
  33. Note Flash du SIES numéro 32, Le taux d’emploi salarié en France des diplômés en 2021 de master à 6, 12 et 18 mois, décembre 2023 :
    https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/le-taux-d-emploi-salarie-en-france-des-diplomes-en-2021-de-master-6-12-et-18-mois-94047 ↩︎
  34. Idem ↩︎
  35. Idem ↩︎
  36. OCDE, Regards sur l’éducation 2023, page 248 :
    https://www.oecd.org/fr/publications/2023/09/education-at-a-glance-2023_581c9602.html ↩︎
  37. Fondation Concorde, « Débureaucratiser pour réduire la dépense publique et relancer la croissance » :
    https://www.fondationconcorde.com/etudes/debureaucratiser-pour-reduire-la-depense-publique-et-relancer-la-croissance/ ↩︎
  38. France Travail, « Enquête besoins en main d’œuvre – Top 10 en nombre de projets de recrutement en 2025 par Métier » :
    https://statistiques.francetravail.org/bmo/bmo?graph=1&in=1&le=0&tu=10&pp=2025&ss=1 ↩︎
  39. Rencontres CESE, « L’immigration, parlons-en, 24/10/2023 », page 44 :
    https://www.lecese.fr/actualites/les-rencontres-du-cese-limmigration-parlons-en ↩︎
  40. Note DEPP n°23.33, « Le baccalauréat 2023 : session de juin, juillet 2023 » :
    https://archives-statistiques-depp.education.gouv.fr/Default/doc/SYRACUSE/53515/le-baccalaureat-2023-session-de-juin-fanny-thomas?_lg=fr-FR ↩︎
  41. Baccalauréat en France – Définition :
    https://www.techno-science.net/glossaire-definition/Baccalaureat-en-France-page-2.html#:~:text=En%201980%20%3A%20347%20000%20candidats,117%20000%20en%20fili%C3%A8re%20professionnelle ↩︎
  42. CDEFI, « Les écoles françaises d’ingénieurs, chiffres clés 2023 – 2024 » :
    http://www.cdefi.fr/fr/la-cdefi/chiffres-cles ↩︎
  43. https://www.syntec-ingenierie.fr/actualites/penurie-professionnels-repondez-enquete/ ↩︎
  44. Etat de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation en France n°12 :
    https://publication.enseignementsup-recherche.gouv.fr/eesr/FR/EESR12_ES_15/les_etudiants_etrangers_dans_l_enseignement_superieur/#:~:text=Aujourd’hui%2C%2015%20%25%20des,et%2041%20%25%20en%20doctorat ↩︎
  45. Note DEPP n°22.44, Le parcours sur deux ans des apprentis et des lycéens sortis en 2019 de formations professionnelles de niveau CAP à BTS :
    https://www.education.gouv.fr/les-parcours-sur-deux-ans-des-apprentis-et-des-lyceens-sortis-en-2019-de-formations-professionnelles-343906 ↩︎
  46. OCDE, Regards sur l’éducation 2020, page 91 :
    https://www.oecd.org/content/dam/oecd/fr/publications/reports/2020/09/education-at-a-glance-2020_19b01e87/7adde83a-fr.pdf ↩︎
  47. OCDE, Regards sur l’éducation 2020, page 376 :
    https://www.oecd.org/content/dam/oecd/fr/publications/reports/2020/09/education-at-a-glance-2020_19b01e87/7adde83a-fr.pdf ↩︎
  48. Idem ↩︎
  49. OCDE, « Perspectives des migrations internationales 2024 », page 63 : https://www.oecd.org/content/dam/oecd/fr/publications/reports/2024/11/international-migration-outlook-2024_c6f3e803/4fa9de98-fr.pdf ↩︎
  50. Idem ↩︎
  51. Banque Mondiale, « PIB par habitant ($ US courants) », consulté le 16/06/2025 : https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NY.GDP.PCAP.CD?name_desc=false ↩︎
  52. INSEE, Inactivité, chômage et emploi des immigrés et descendants d’immigrés – Données annuelles 2023
    https://www.insee.fr/fr/statistiques/4195420 ↩︎

Note méthodologique :


Pour l’OCDE, comme pour les Nations Unies, est immigrée toute « personne née dans un autre pays que celui où elle réside ». Cette définition ne tient pas compte de la nationalité de la personne. Elle diffère donc de la définition ordinairement utilisée par la statistique publique en France, telle que retenue par le Haut Conseil à l’Intégration (dissous en 2012) : « un immigré est une personne née étrangère à l’étranger et résidant en France ».

Lorsque les données employées dans la présente note sont issues de l’OCDE, elles reprennent évidemment les définitions employées par cette organisation.

Des personnes nées à l’étranger avec la nationalité française peuvent alors être incluses dans la catégorie « immigrés ». Cependant, au regard du profil socio-économique des expatriés français : il apparaît très probable que la soustraction des Français nés à l’étranger de cette catégorie OCDE ne ferait que renforcer le constat, ici documenté, des impacts économiques et budgétaires négatifs de l’immigration actuellement reçue en France.

L’économie française est affaiblie par trois grandes déficiences structurelles en matière d’emploi :

  1. L’insuffisance de travail qui se matérialise par un taux d’emploi faible ;
  2. Le recul de la productivité du travail ;
  3. La désindustrialisation qui résulte d’un record de prélèvements obligatoires, mais également de difficultés de recrutement pour les entreprises industrielles.

Ces trois enjeux sont cruciaux pour le redressement de l’économie française et celui des comptes publics.

Quel est l’apport de l’immigration pour remédier à ces trois déficiences ?

1.1 Le faible taux d’emploi des immigrés et des descendants d’immigrés pénalise notre croissance

Le taux d’emploi est la proportion de personnes occupant un emploi parmi celles en âge de travailler. Cet indicateur constitue un enjeu primordial, car le travail est le moteur de la croissance économique et de la prospérité d’un pays. Or, le taux d’emploi constaté en France (69 % des 15-64 ans en emploi au T2 2024) est inférieur de 5 à 13 points à celui d’autres pays voisins : Royaume Uni (74,5 %), Allemagne (77,4 %) , Suisse (80,4 %), Pays-Bas (82,5 %)1.

Notre sous-emploi a d’importantes conséquences économiques, pour trois raisons principales :
• Moins de travailleurs, c’est moins de production pour le pays et donc moins de revenus par habitant ;
• Moins de production, c’est moins de recettes fiscales et sociales pour l’Etat et donc des impôts plus élevés pour ceux qui produisent. Ils sont davantage taxés pour compenser cette perte de recettes et financer le fonctionnement de l’Etat ;• Moins de travailleurs, c’est également plus de chômeurs et d’inactifs qu’il faut aider pour leur permettre de vivre, avec encore une fois une redistribution financée par les impôts de ceux qui produisent.

L’immigration est régulièrement évoquée comme une solution pour pallier les pénuries de main d’œuvre, augmenter la croissance et ainsi rétablir nos comptes publics. Qu’en est-il exactement ?

Malheureusement, la France se caractérise par le 2ème plus faible taux d’emploi des immigrés en Europe2 :

  Pays  Taux d’emploi des immigrés en 2023  
  Belgique    61,4%
  France    62,4%
  Grèce    62,5%
  Moyenne OCDE    71,8%
  Moyenne UE 27    67,5%

Les immigrés en âge de travailler sont beaucoup moins en emploi en France que les natifs (62,4% contre 69,5%) soit un écart de 7,1 points3.

De même, selon l’INSEE, 1,74 million d’immigrés stricto sensu – nés étrangers à l’étranger – n’étaient ni en emploi, ni en études ni en retraite en France en 2021. Ce nombre représentait 27% de la population immigrée de « première génération » âgée de 15 ans et plus, soit plus du double du taux observé dans la population non-immigrée (13%)4.

Si l’on choisit de retenir plutôt le critère de la nationalité, le constat apparaît encore plus marqué : 30,5% des étrangers de plus de 15 ans n’étaient ni en emploi, ni en études, ni en retraite la même année 2021, contre 13% des Français. 1,27 million de ressortissants étrangers se trouvaient ainsi dans le spectre du chômage ou de l’inactivité sur le territoire national5.

L’immigration n’améliore donc pas le taux d’emploi défaillant de la France, mais au contraire le dégrade fortement. Dans d’autres pays, à l’inverse du nôtre, on identifie une amélioration du taux d’emploi grâce à l’immigration – avec des immigrés qui sont, en moyenne, davantage en emploi que les natifs :

  Pays  Écarts des taux d’emploi entre immigrés et personnes nées dans le pays (2023)  
  Luxembourg    +10,5 points
  Slovaquie    +6,6 points
  Portugal    +4,7 points
  Irlande    +4,2 points
  Etats-Unis    +3,1 points

Dans 18 des 35 pays de l’OCDE et 13 des 27 pays européens, le taux d’emploi des immigrés est supérieur à celui des natifs, mais quand on pondère par la population, leur taux d’emploi s’avère inférieur de -0,6 point pour l’ensemble de l’OCDE et de -3,4 points pour l’Union européenne6.
L’enquête emploi INSEE 20237 permet d’approfondir l‘analyse en distinguant :

  Origine migratoire    Taux d’emploi en 2023
  Personnes sans ascendance migratoire    70,7%
  Immigrés (1ère génération)    62,5%
  Descendants d’immigrés (2ème génération)    59,7%
  Ensemble de la population    68,4%

Le faible taux d’emploi concerne une part importante de la population d’origine immigrée sur deux générations, laquelle représente 22,7 % de la population de la France selon l’INSEE8 (les immigrés représentant 10,6% de la population générale, et les descendants d’immigrés de deuxième génération 12,1 %). Le fait que le taux d’emploi des descendants d’immigrés soit inférieur à celui de leurs parents témoigne des échecs du processus d’intégration ; il indique que l’immigration a un effet négatif durable sur le taux d’emploi et, par contrecoup, sur l’économie du pays.

La part des jeunes nés en France de parents immigrés qui n’étaient ni en emploi, ni en scolarité, ni en formation, était de 24% pour les années 2020-2021 selon les données OCDE. Il s’agissait du 2ème taux le plus élevé d’Europe et du monde occidental, derrière la seule Belgique9.

Enfin, si l’on tient compte de la nationalité et non de l’origine géographique : à peine la moitié (56,2%) des étrangers extra-européens en âge actif occupaient un emploi en 2024, soit un taux inférieur de 14 points à celui des citoyens français (69,9%), mais aussi de 22 points à celui des étrangers extra-européens en Irlande, 15 points de moins qu’au Danemark ou 5 points de moins qu’en Italie10.

1.2 L’immigration tend à réduire la productivité du travail

La productivité apparente du travail en France, mesurée comme le rapport du PIB à l’emploi exprimé en personnes physiques, a reculé de 3,5 % entre 2019 et 202311 alors qu’elle progressait de +0,5 à +0,6 % en moyenne par an entre 2011 et 2019. En comparant le niveau de la productivité en 2023 à son niveau tendanciel, c’est-à-dire celui qui aurait été atteint si le ratio avait évolué depuis 2020 au rythme annuel moyen observé entre 2011 et 2019, le déficit de productivité est donc de l’ordre de 5,5 points12.

Or, à long terme, l’évolution du niveau de vie mesurée par le PIB/habitant reflète avant tout celle de la productivité par tête (PIB/emploi), outre celle du taux d’emploi par habitant que nous avons analysée précédemment. Un recul de la productivité se traduit donc par une baisse des salaires réels et/ou une baisse des profits des entreprises – c’est ce que l’on observe aujourd’hui en France. Le recul de la productivité joue un rôle sous-estimé dans la crise budgétaire actuelle, car il entraine de moindres rentrées d’impôts sur les personnes et les entreprises.

Les principaux ressorts de la productivité résident dans le niveau de qualification et d’expertise des travailleurs ainsi que dans la dynamique d’innovation, et ce sera probablement encore plus le cas demain avec la révolution de l’intelligence artificielle.

Quel est l’apport de l’immigration pour agir sur ces leviers ?

Les données disponibles ne permettent pas de quantifier l’impact de l’immigration sur la productivité du travail, mais plusieurs indicateurs montrent qu’elle la dégrade.

L’immigration pèse sur la productivité par un niveau de qualification (mesuré par le diplôme) très inférieur à celui des natifs : 31 % des immigrés âgés de 30 à 39 ans ne possèdent aucun diplôme, contre 10 % pour les personnes sans ascendance migratoire13 – et la proportion s’avère encore plus élevée pour les personnes plus âgées. La diplomation progresse chez les descendants d’immigrés, tout en restant inférieure à celle des personnes sans ascendance migratoire :

Par ailleurs, alors même que la France accueille un nombre important d’étudiants internationaux, les immigrés qu’elle attire s’engagent moins fréquemment dans des parcours propices à l’innovation, notamment dans le domaine des nouvelles technologies. La France apparaît ainsi loin derrière les États-Unis, le Canada, les Pays-Bas ou le Royaume-Uni, avec moins de 10 % de propriétaires de brevet d’origine étrangère entre 2011 et 201514 :

De la même façon, les immigrés contribuent un peu moins à la dynamique entrepreneuriale que les natifs en France lorsqu’on considère « l’entrepreneuriat par choix »15 , c’est-à-dire ceux qui sont porteurs d’un projet entrepreneurial :

Dans quelques pays (Pays-Bas, États-Unis, Portugal, Espagne), les immigrés sont porteurs d’une dynamique d’entreprenariat choisi légèrement meilleure que les non-immigrés.

« Si la France avait eu la même évolution de la productivité que l’ensemble de la zone euro et si la France avait le taux d’emploi des pays de la zone euro où le taux d’emploi est élevé, le niveau du PIB de la France serait supérieur de 15,3 % à celui d’aujourd’hui, et le déficit public serait inférieur en France de 8,3 points de PIB. C’est-à-dire que la France aurait un excédent budgétaire et le revenu des Français serait en moyenne supérieur de 15%. » Natixis (Flash Economie 23 novembre 2023 n° 675).
Dans sa forme actuelle, l’immigration nous éloigne de ce double objectif d’amélioration du taux d’emploi et de la productivité, qui devrait être au cœur des politiques publiques.

1.3 L’immigration ne résout pas les difficultés de recrutement de l’industrie

La réindustrialisation du pays est indispensable pour trois raisons :
● Pour équilibrer notre balance commerciale et notre balance des paiements, dont le déficit nous oblige à nous endetter tout simplement pour le financer ;
● L’industrie est le plus important pourvoyeur de gains de productivité, dans un contexte où le recul de la productivité mine notre croissance et le pouvoir d’achat. Elle crée des emplois qualifiés bien rémunérés qui irriguent les territoires et qui ne nécessitent pas d’être complétés par des aides ;
● L’industrie est le meilleur pourvoyeur de recettes fiscales et sociales grâce à sa plus forte valeur ajoutée et grâce à ses effets d’entrainements : un emploi industriel crée 1,3 emploi en moyenne dans le reste de l’économie.

Si nous revenions au même niveau d’industrialisation que la moyenne européenne (15 % du PIB contre 10 % pour la France)16, nous aurions un million d’emplois industriels supplémentaires (4,3 millions d’emplois au lieu de 3,3), qui créeraient par ailleurs 1,3 million d’emplois dans le reste de l’économie (coefficient multiplicateur de 1,3) et entraineraient un supplément de recettes publiques de 100 milliards d’euros par an. Nos problèmes budgétaires (et de pouvoir d’achat) seraient largement résolus. Il ne peut y avoir de redressement des finances publiques sans redressement productif.

Or, 62% des dirigeants de PME-ETI industrielles déclarent rencontrer des difficultés régulières de recrutement, et pour 64% d’entre eux, elles sont structurelles17.

Pourtant, malgré les difficultés de recrutement, l’industrie figure parmi les secteurs accueillant le moins de main d’œuvre étrangère (6%), loin derrière la construction (13 % d’effectifs étrangers)18. Seuls 32 % des dirigeants d’entreprises industrielles estiment qu’il faudrait plus d’immigration professionnelle19.

Ce moindre recours à la main d’œuvre étrangère est logique. Ne subsistent, en France du fait de leur surtaxation et des charges sociales record, que les industries à haute valeur ajoutée demandant des qualifications élevées, qui ne correspondent pas aux qualifications des immigrés en général. Les industries à faible valeur ajoutée ont été grandement délocalisées. Les PME et ETI industrielles ont particulièrement besoin de recruter des ouvriers qualifiés et des techniciens (cités respectivement par 74 % et 42 % des dirigeants industriels20). Ce besoin devrait encore s’accroitre, compte tenu des évolutions technologiques.

L’immigration dans sa forme actuelle ne constitue pas un levier de réindustrialisation.

Si les immigrés et les descendants d’immigrés étaient autant en emploi que les personnes sans ascendance migratoire :
• Le taux d’emploi en France serait celui des personnes sans ascendance migratoire soit 70,7 % au lieu de 68,4 % actuellement, soit une augmentation de 3,36%.
• Grâce à ce taux d’emploi plus élevé de 3,36%, le PIB français se serait élevé en 2024 à 3015 milliards d’euros au lieu de 2917 milliards d’euros21, soit une augmentation de 98 milliards d’euros.
• Les comptes publics 2024 auraient bénéficié d’un apport supplémentaire de 45 milliards d’euros22, ce qui aurait réduit notre déficit public de 1,5 point de PIB.

Le moindre taux d’emploi des immigrés et descendants d’immigrés représente une perte de PIB de 3,4 % et une perte de recettes fiscales et sociales de 1,5 points de PIB.

Cette évaluation du déficit de contribution de l’immigration est un minorant car elle ne tient pas compte de la moindre qualification des immigrés.
Ces chiffres sont cohérents avec le ratio budgétaire total calculé par l’OCDE23 qui mesure le rapport entre les recettes publiques versées par les immigrés et les dépenses publiques qui leur sont consacrées (voir données complètes en annexe 1).
En France, les recettes budgétaires apportées par les immigrés ne financent que 86 % des dépenses publiques qui leur sont affectées, alors que l’immigration est, par exemple, particulièrement bénéfique pour le budget du Portugal avec un ratio de 140 % :

  Pays  Ratio budgétaire total immigration : recettes / dépenses publiques (2017)  
  Portugal    140%
  Grande Bretagne    127%
  République Tchèque    126%
  Italie    124%
  France    86%

Au sein de l’OCDE, seules l’Estonie et la Lituanie présentent de plus mauvais ratios budgétaires que la France.

Le taux de pauvreté relative (calculé par rapport au salaire médian de chaque pays) des étrangers extra-européens en France était de 47,6% en 2020, contre 11,5% pour les citoyens français, soit un taux quatre fois supérieur et un écart record de 36 points. Il est le plus élevé d’Europe pour les étrangers hors-UE, à égalité avec l’Espagne24. De même, selon l’INSEE : 51% des bénéficiaires de l’aide alimentaire sont des immigrés25, soit une part 5 fois supérieure à celle des immigrés dans la population générale.

Corrélativement, en écartant les prestations de retraite (corrélées à l’âge) et les allocations chômage (qui concernent plus fortement les immigrés mais résultent d’une cotisation préalable) : les immigrés perçoivent un montant moyen annuel de prestations sociales deux fois supérieur à celui des personnes sans ascendance migratoire (2 380 euros contre 1 200 euros en 2019), voire près de trois fois supérieur pour les immigrés originaires d’Afrique (3 130 euros). Cet écart persiste à la deuxième génération, puisque le montant moyen de prestations sociales perçu par les descendants d’immigrés est encore de 2 300 euros par an26.

Par ailleurs, 35% des immigrés âgés de 18 à 59 ans occupaient un logement social en 2019-2020, contre 11% des individus sans ascendance migratoire, cette moyenne recouvrant de fortes disparités selon l’origine (57% des immigrés originaires d’Afrique sahélienne, 52% des immigrés originaires de pays d’Afrique guinéenne ou centrale, 49% des immigrés algériens)27.

En France, l’immigration dégrade les comptes publics et réduit le pouvoir d’achat des natifs, ces derniers devant être davantage imposés pour compenser ce déficit contributif.

En France, ce sont les secteurs abrités de la concurrence internationale28 qui recourent le plus à la main d’œuvre immigrée faiblement qualifiée et qui militent pour cette solution :

Les secteurs économiques abrités produisent pour satisfaire exclusivement la demande intérieure (par exemple services à la personne, sécurité, construction, travaux publics). Les secteurs exposés produisent des biens et des services pouvant être produits dans un pays et consommés dans un autre (automobile). Le secteur du tourisme est partiellement exposé, car les consommateurs étrangers peuvent opter pour d’autres destinations.

L’immigration apparait comme une solution pour certains secteurs ou certaines entreprises du secteur abrité au niveau micro, mais elle pénalise l’ensemble de l’économie au niveau macro : son déficit contributif, entrainé par son faible taux d’emploi, nécessite une hausse globale des prélèvements sur l’ensemble de l’économie pour le compenser.

Les secteurs abrités sont indifférents au poids de ces contributions car ils ne sont pas confrontés à la concurrence internationale. Au contraire, les secteurs en concurrence sont frappés de plein fouet par cette surimposition. L’immigration amplifie ainsi le biais fondamental du système fiscalo-redistributif français, qui opère des transferts financiers massifs des activités et des emplois à haute valeur ajoutée vers les secteurs et les emplois à faible valeur ajoutée, et des secteurs exposés à la concurrence internationale (ceux dont nous avons le plus besoin) vers les secteurs qui en sont protégés. En effet, nous avons d’un côté, des records d’impôts de production, d’imposition et de sur-cotisations sur les hauts salaires ; et de l’autre côté des records d’aides sociales et d’exonérations de charge sur les bas salaires.

Deux secteurs tirent un double bénéfice de l’immigration, avec, en plus d’un accès facilité à une main d’œuvre peu qualifiée, une augmentation de leur activité générée par l’immigration.

C’est d’abord le cas de la construction : plus d’immigration induit pour ce secteur plus d’activité, car il faut construire des logements et des infrastructures pour cette nouvelle population.

     % de l’activité dans la valeur ajoutée nationale29
  Secteur    2000  2021
  Construction    4,8%  5,7%
  Industrie    18,8%  12,5%

C’est également le cas de la sécurité privée, qui est l’un des secteurs faisant le plus appel à l’immigration (28 % des salariés30) et connaît un développement fulgurant : 130 000 emplois en 2010, 180 000 en 202331. On peut estimer qu’il bénéficie d’un besoin accru de protection découlant de l’accroissement de l’immigration depuis le début des années 2000. On observe en effet une surreprésentation des étrangers dans les statistiques sur la délinquance. En 2024, les étrangers (qui comptaient pour 8,2% de la population) ont été mis en cause dans 38 % des cambriolages, 30% des vols violents sans armes, 22 % des vols avec armes, 18 % des homicides32.

L’immigration bénéficie ainsi aux secteurs abrités de la concurrence internationale (en particulier dans la construction et la sécurité) et pénalise indirectement les secteurs exposés comme l’industrie par leur surimposition (induite par le plus faible taux d’emploi des immigrés), alors que nous avons un besoin absolu de les relancer pour redresser nos finances.

En cela, elle amplifie le mal français caractérisé par l’insuffisance de production de biens et services exportables – alimentant notre déficit de la balance des paiements.

Dans sa forme actuelle, l’immigration présente donc des effets contradictoires sur notre économie. D’une part, elle contribue à résoudre des pénuries de travail sectorielles dans les secteurs abrités ; de l’autre part, elle dégrade globalement le taux d’emploi du pays au niveau macro et accentue ainsi le déséquilibre de nos finances publiques, ainsi que notre déficit de production de biens et services exportables. Elle ne cause pas, mais accentue les principaux maux de l’économie française.

Plusieurs réformes permettraient de moins et mieux recourir à l’immigration.

4.1 Réorienter notre politique de diplomation vers la réalité des besoins de l’économie

La France a mis en place une politique du « droit aux études », menée depuis près de 40 ans, devenue « droit aux études supérieures » au fil du temps, En 2023, la proportion de bacheliers dans une génération s’est élevée à 79,6 % et, en moyenne entre 2019 et 2021, 52 % des jeunes sortants de formation initiale sont diplômés de l’enseignement supérieur. Les jeunes générations sont ainsi de plus en plus diplômées, mais les postes de travail qualifiés, notamment de cadres supérieurs, ne se développent pas suffisamment pour absorber le flux de diplômés. En 2021, 96 000 français de moins de 30 ans ont obtenu un master à l’université33. Au sein de ces derniers, 27,4 % ont poursuivi ou repris des études en France dans les deux années suivantes34. Parmi ceux entrés dans la vie active, 78,1 % occupent un emploi salarié en France 18 mois après la fin de leur cursus35. Ce taux d’emploi semble élevé, mais si l’on considère que le master a une finalité professionnelle, le taux d’emploi réel des diplômés en sortie de Master est de 57 % (diplômés en emploi / nombre de diplômés), soit beaucoup moins que le taux d’emploi moyen.

Les diplômés de master finissent par trouver un emploi, mais en acceptant souvent des postes habituellement attribués à des personnes moins qualifiées. Un phénomène de file d’attente se forme ainsi, où les moins qualifiés sont repoussés vers le bas. Les bac+5 prennent la place des bac+3, qui prennent la place des bacheliers …

De plus, notre enseignement supérieur prépare beaucoup à des postes « administratifs » au sens large du terme, comme en atteste une étude de l’OCDE36 :

     Destination des diplômés de l’enseignement supérieur en 2021  
  Domaine    France  Allemagne
  Commerce, administration, droit, social, santé    46%  34%
  Sciences, techniques, mathématiques    24%  35%

Cette politique de diplomation « administrative » est en ligne avec le modèle économique que nous avons mis en place après les chocs pétroliers de 1973 et 1979 (le dernier budget à l’équilibre date de 1974). Nous avons sacrifié notre industrie, en lui faisant « payer la facture » des chocs pétroliers par une augmentation massive des impôts à la production pour sauvegarder le pouvoir d’achat des Français. La désindustrialisation qui en a résulté a amené à créer de l’emploi public (qualifié d’amortisseur social), en remplacement des emplois industriels perdus dans les territoires :

  Effectifs    1975  2019  Évolution  Évolution %
  Fonction publique État    2 423 000  2 507 000  + 84 000  + 3,4%
  Fonction publique territoriale    959 000  1 968 000  + 1 009 000  + 105%
  Fonction publique hospitalière    600 000  1 153 000  + 553 000  + 92%
  Industrie    5 928 000  2 315 000  – 2 613 000  – 44%
Source : Fondation Concorde, Débureaucratiser pour réduire la dépense publique et relancer la croissance37

Cette politique est surtout en très fort décalage avec la réalité des besoins de l’économie. Par exemple, les diplômes supérieurs ne préparent qu’à un seul des métiers (animateur socioculturel) figurant dans le top 10 des professions les plus recherchées de France Travail38 :

Plus de 90 % des emplois pour les métiers des 10 emplois les plus recherchés ne nécessitent pas de diplômes supérieurs. Or, notre politique de forte diplomation (soit 52 % d’une génération) :
• Produit trop de qualifications administratives et sociales, aboutissant en réalité à un taux d’emploi médiocre des diplômés et à un prolongement des études, avec des perspectives d’emploi incertaines – et mène souvent à la déqualification des emplois occupés ;
• Ne satisfait pas les besoins en qualifications scientifiques (ingénieurs, mathématiques) qui sont à la base du progrès et de la croissance d’un pays ;
• Ne satisfait pas les besoins en qualifications supérieures dans le secteur de la santé (médecins, infirmiers) ;
• Crée une forte inadéquation entre réalité des besoins en emplois et formations, qui ne peut se résoudre que par le recours à la main d’œuvre immigrée. En effet, cette politique de diplomation détourne des emplois à faible qualification en les dévalorisant et crée une immense frustration, dangereuse pour les équilibres politiques et sociaux. Qui est en effet prêt à occuper un emploi de chauffeur routier avec un diplôme supérieur ? Alors que cet emploi est tout aussi utile à la société qu’un autre.

Cette inadéquation entre des diplômes élevés à vocation juridique, administrative, sociale et la réalité des besoins en emploi de l’économie est une des causes du faible taux d’emploi en France. D’un côté, il entraine un taux d’emploi médiocre des diplômés (en 2024, 10% des personnes actives ayant un diplôme de niveau bac + 2 ou plus et ayant achevé leur formation initiale depuis 1 à 4 ans sont au chômage) ; de l’autre côté, il faut recourir à l’immigration pour pourvoir des emplois dans les secteurs dont se détournent les Français sans ascendance migratoire trop diplômés, alors qu’au niveau macroéconomique l’immigration réduit encore davantage le taux d’emploi. C’est un véritable cercle vicieux qui s’est ainsi mis en place.

On observe ainsi une forme « d’apartheid » de l’emploi en France39 :

• L’on compte globalement peu de salariés étrangers dans les secteurs ouverts à la concurrence internationale (moins que dans les autres pays développés) ;
• Dans les secteurs abrités, la situation est plus contrastée : les postes peu qualifiés dans le BTP, le commerce, le transport sont souvent occupés par des étrangers ; les postes à statut dans l’administration sont plutôt occupés par des Français (près de 35 % de ces derniers sont ainsi employés dans l’administration, l’enseignement, la santé ou l’action sociale).

Pour rompre ce cercle vicieux nous proposons plusieurs priorités concernant les études supérieures :
• Acter l’échec du droit aux études supérieures ;
• Réintroduire de la sélectivité en réhaussant le niveau d’exigences pour l’obtention du baccalauréat : le taux de réussite au baccalauréat général était de 95,7 % en 202340, contre 63,9 % en 198041. Il doit redevenir une garantie d’un niveau suffisant pour entreprendre des études supérieures. Cela permettrait de réorienter les élèves vers les filières courtes préparant à la réalité du marché du travail ;
• Réduire le poids des filières universitaires sans débouchés ;
• Symétriquement, renforcer les enseignements scientifiques à l’université. Nous ne formons actuellement que 48 000 ingénieurs par an42 alors que l’économie française en a besoin de 58 000 à 60 000 supplémentaires43 ;
• Restreindre l’accueil des étudiants étrangers aux filières scientifiques après évaluation de leur niveau. Nous formons actuellement beaucoup les étudiants étrangers (17 % des étudiants en Master chaque année44) aux filières administratives, ce qui ne rend pas forcément service à leur pays quand ils y rentrent et ne rend pas service à la France lorsqu’ils restent sur le territoire français.

4.2 Réformer fondamentalement le lycée professionnel qui est en échec

Alors que les lycées professionnels devraient représenter la « voie royale » pour former les élèves à la réalité des besoins des entreprises, leurs taux d’insertion professionnelle sont beaucoup plus faibles que ceux des centres d’apprentissage45. Leur inefficacité, dans leur forme actuelle, est sanctionnée par un constat sans appel : au-delà de leurs faibles taux d’insertion professionnelle, ils n’apportent aucune plus-value sous la forme d’un gain financier en salaires à leurs élèves46 alors que la France bénéficie d’un des meilleurs taux d’encadrement de l’OCDE avec un enseignant pour 8 élèves47. C’est-à-dire qu’un enfant qui ne fait pas d’études aura les mêmes revenus de travail qu’un enfant qui suit le cursus d’un lycée professionnel. Nous sommes le seul pays de l’OCDE avec la Finlande dans cette situation48.
La première cause de cet échec de grande ampleur réside dans l’inadéquation des formations professionnelles proposées par l’Education nationale avec les besoins des entreprises. L’Education nationale offre les formations en fonction des profils de compétence de son réservoir de professeurs et non pas en fonction des besoins des entreprises.

C’est un terrible gaspillage humain, car un élève bien formé dans une filière professionnelle peut trouver un bon emploi, souvent mieux rémunéré que ce que peut obtenir un « mauvais » master, comme en témoigne la réussite des élèves qui suivent un parcours d’apprentissage.

Nos propositions :
• Basculer le plus possible l’enseignement professionnel vers l’apprentissage et les écoles de production qui s’adressent aux jeunes déscolarisés ;
• Supprimer les filières d’enseignements professionnels sans débouchés ;
• Confier les lycées professionnels aux collectivités locales en cogestion avec les chambres de commerce et d’industrie, de façon à déployer les formations répondant aux besoins des bassins d’emploi.
Ces mesures augmenteraient considérablement les chances des jeunes de s’insérer dans l’emploi, tout en réduisant les dépenses d’éducation. Mais surtout, l’effet de levier sur les recettes de l’Etat serait considérable. Si l’on obtenait à terme, grâce à ces réformes, 500 000 personnes de plus en emploi : les recettes fiscales et sociales de l’Etat augmenteraient de 20 milliards d’euros et feraient baisser notre déficit de 0,7 % du PIB.

4.3 Redresser le taux d’emploi de l’immigration en réformant notre système social

Comme nous l’avons constaté, le taux d’emploi des immigrés (62,4 %) est particulièrement faible en France comparativement à d’autres pays49. Les comparaisons internationales permettent de prendre conscience de la désincitation au travail du système social français, qui concerne aussi bien les natifs que les immigrés, et de l’ampleur du chemin à parcourir50 :

  Pays  Taux d’emploi des immigrés  Taux d’emploi des natifs  
  France    62,4%  69,5%
  Pays-Bas    71,6%  84,7%
  Suisse    77%  82,5%

Le taux d’emploi des immigrés en Suisse et aux Pays-Bas est inférieur à celui des natifs de ces pays mais est supérieur au taux d’emploi des natifs français.

Grâce notamment à ces taux d’emplois plus élevés, les finances de ces pays sont quasiment à l’équilibre et le revenu de leurs habitants est très supérieur à celui des Français : plus du double pour les Suisses, 44 % supérieur pour les Néerlandais.51

Différer de 3 ans le bénéfice des prestations sociales non contributives (RSA, allocation logement, allocations familiales, minimum vieillesse, prime d’activité c’est-à-dire sans contrepartie de cotisations sur le travail) permettrait d’inciter au travail et de redresser fortement le taux d’emploi des immigrés. La proposition de loi créant une condition de durée de résidence pour le versement de certaines prestations sociales, déposée le 3 février 2025 devant le Sénat, vise à conditionner le versement des prestation sociales non contributives à une durée de résidence d’au moins deux ans sur le territoire français. Elle fait suite à une décision rendue le 11 avril 2024 par le Conseil constitutionnel, qui avait censuré un délai de carence de 5 ans en la matière.

Symétriquement, il pourrait être envisagé de mettre en place une allocation sociale unique significativement inférieure au SMIC afin de redresser le taux d’emploi des natifs.

4.4 Intégrer le critère de taux d’emploi dans la politique d’octroi des visas

Source : Inactivité, chômage et emploi des immigrés et descendants d’immigrés – Données annuelles INSEE 202352

Intégrer ce critère devrait amener des politiques beaucoup plus restrictives et sélectives pour les pays dont le taux d’emploi des ressortissants en France est inférieur à 60%. Comme nous l’avons exprimé précédemment, il faut en particulier recentrer les visas et les titres de séjour pour études sur les filières scientifiques.

Cette politique contribue à la réussite technologique des États-Unis :

  1. OCDE, communiqué de presse  « Situation du marché du travail », 15 octobre 2024 :
    https://www.oecd.org/content/dam/oecd/fr/data/perspectives/publications-statistiques/2024/10/labour-market-situation-oecd-10-2024-Fr.pdf ↩︎
  2. OCDE, « Perspectives des migrations internationales 2024 », page 63 :
    https://www.oecd.org/content/dam/oecd/fr/publications/reports/2024/11/international-migration-outlook-2024_c6f3e803/4fa9de98-fr.pdf ↩︎
  3. Idem ↩︎
  4. Calcul OID à partir du fichier de recensement IMG2A (INSEE) pour l’année 2021, paru le 27/06/2024 : https://www.insee.fr/fr/statistiques/8202714 ↩︎
  5. Calcul OID à partir du fichier de recensement NAT2 (INSEE) pour l’année 2021, paru le 27/06/2021 : https://www.insee.fr/fr/statistiques/8202752 ↩︎
  6. OCDE, « Perspectives des migrations internationales 2024 » page 63 :
    https://www.oecd.org/content/dam/oecd/fr/publications/reports/2024/11/international-migration-outlook-2024_c6f3e803/4fa9de98-fr.pdf ↩︎
  7. INSEE, « Inactivité, chômage et emploi des immigrés et descendants d’immigrés », Données annuelles 2023 :
    https://www.insee.fr/fr/statistiques/4195420 ↩︎
  8. INSEE, « Immigrés et descendants d’immigrés », paru le 21/11/2024 : https://www.insee.fr/fr/statistiques/8242329?sommaire=8242421 ↩︎
  9. OCDE « Les indicateurs de l’intégration des immigrés 2023 », parution du 15/06/2023, chapitre 7.12 :
    https://www.oecd.org/content/dam/oecd/fr/publications/reports/2023/06/indicators-of-immigrant-integration-2023_70d202c4/d5253a21-fr.pdf ↩︎
  10. Eurostat, « Taux d’emploi par sexe, âge et nationalité », mise à jour du 14/04/2025 : https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/lfsa_ergan__custom_16959174/default/table?lang=fr ↩︎
  11. Le blog de l’INSEE, « À la recherche des gains de productivité perdus depuis la crise sanitaire, 19/07/2024 :
    https://blog.insee.fr/la-productivite-du-travail-fr-depuis-la-crise-sanitaire/ ↩︎
  12. Idem ↩︎
  13.  INSEE, « Activité, emploi et chômage en 2021 » – Enquête emploi en continu – Fichier détail, 18/11/2022 :
    https://www.insee.fr/fr/statistiques/6654604 ↩︎
  14. « L’immigration qualifiée : un visa pour la croissance ». Note du conseil économique et social numéro 67, 2021 : https://www.cae-eco.fr/limmigration-qualifiee-un-visa-pour-la-croissance ↩︎
  15. EFT-UE 2017-19 ; CPS 2017-19 ; Australie, Participation, Job Search and Mobility 2017-19 ↩︎
  16. Fondation Concorde, « Débureaucratiser pour réduire la dépense publique et relancer la croissance », 15/10/2024 :
    https://www.fondationconcorde.com/etudes/debureaucratiser-pour-reduire-la-depense-publique-et-relancer-la-croissance/ ↩︎
  17. BPI France, « Les collaborateurs étrangers dans les PME et ETI industrielles, une des réponses aux difficultés de recrutement », 19/06/2023 :
    https://lelab.bpifrance.fr/Etudes/les-collaborateurs-etrangers-dans-les-pme-et-eti-industrielles-une-des-reponses-aux-difficultes-de-recrutement ↩︎
  18. Idem ↩︎
  19. Idem ↩︎
  20. Idem ↩︎
  21. Ministère de l’Economie et des Finances, « Quel est le PIB de la France ? » :
    https://www.economie.gouv.fr/cedef/fiches-pratiques/quel-est-le-pib-de-la-france ↩︎
  22. Étant donné le taux de prélèvements obligatoires de 45,6 % : 98 milliards d’euros x 0,456 = 44,7 milliards d’euros ↩︎
  23. OCDE, « Perspectives des migrations internationales 2021 », page 162 :
    https://www.oecd.org/content/dam/oecd/fr/publications/reports/2021/10/international-migration-outlook-2021_ea4f9277/da2bbd99-fr.pdf ↩︎
  24. OCDE « Les indicateurs de l’intégration des immigrés 2023 », parution du 15/06/2023, chapitre 8.9 :
    https://www.oecd.org/content/dam/oecd/fr/publications/reports/2023/06/indicators-of-immigrant-integration-2023_70d202c4/d5253a21-fr.pdf ↩︎
  25. INSEE, « France portrait social | Edition 2022 », publication du 22 novembre 2022 :
    https://www.insee.fr/fr/statistiques/6535297?sommaire=6535307#encadre1 ↩︎
  26. INSEE, « Niveau de vie et pauvreté monétaire », 30/03/2023 :
    https://www.insee.fr/fr/statistiques/6793278?sommaire=6793391#tableau-figure2 ↩︎
  27. INSEE, « Immigrés et descendants d’immigrés » – Conditions de logement, 30/03/2023 :
    https://www.insee.fr/fr/statistiques/6793286?sommaire=6793391 ↩︎
  28. DARES, « Les métiers des immigrés », note 254, septembre 2021, page 16 :
    https://dares.travail-emploi.gouv.fr/sites/default/files/603e003378fb28cf5870f021de8a0ff4/Document%20d%27%C3%A9tudes_metiers_immigr%C3%A9s.pdf ↩︎
  29. INSEE, « Valeur ajoutée par branche » : https://www.insee.fr/fr/statistiques/2830197 ↩︎
  30. Idem ↩︎
  31. « En toute sécurité, L’état des lieux des entreprises de sécurité privée en France en 2023 et les perspectives en 2024 », 03/04/2024 :
     https://www.entoutesecurite.fr/etat-des-lieux-entreprises-securite-privee-france/ ↩︎
  32. Ministère de l’Intérieur, « Insécurité et délinquance en 2024 : Première photographie et atlas départemental » :
    https://mobile.interieur.gouv.fr/Media/SSMSI/Donnees-bilan-provisoire-20242 ↩︎
  33. Note Flash du SIES numéro 32, Le taux d’emploi salarié en France des diplômés en 2021 de master à 6, 12 et 18 mois, décembre 2023 :
    https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/le-taux-d-emploi-salarie-en-france-des-diplomes-en-2021-de-master-6-12-et-18-mois-94047 ↩︎
  34. Idem ↩︎
  35. Idem ↩︎
  36. OCDE, Regards sur l’éducation 2023, page 248 :
    https://www.oecd.org/fr/publications/2023/09/education-at-a-glance-2023_581c9602.html ↩︎
  37. Fondation Concorde, « Débureaucratiser pour réduire la dépense publique et relancer la croissance » :
    https://www.fondationconcorde.com/etudes/debureaucratiser-pour-reduire-la-depense-publique-et-relancer-la-croissance/ ↩︎
  38. France Travail, « Enquête besoins en main d’œuvre – Top 10 en nombre de projets de recrutement en 2025 par Métier » :
    https://statistiques.francetravail.org/bmo/bmo?graph=1&in=1&le=0&tu=10&pp=2025&ss=1 ↩︎
  39. Rencontres CESE, « L’immigration, parlons-en, 24/10/2023 », page 44 :
    https://www.lecese.fr/actualites/les-rencontres-du-cese-limmigration-parlons-en ↩︎
  40. Note DEPP n°23.33, « Le baccalauréat 2023 : session de juin, juillet 2023 » :
    https://archives-statistiques-depp.education.gouv.fr/Default/doc/SYRACUSE/53515/le-baccalaureat-2023-session-de-juin-fanny-thomas?_lg=fr-FR ↩︎
  41. Baccalauréat en France – Définition :
    https://www.techno-science.net/glossaire-definition/Baccalaureat-en-France-page-2.html#:~:text=En%201980%20%3A%20347%20000%20candidats,117%20000%20en%20fili%C3%A8re%20professionnelle ↩︎
  42. CDEFI, « Les écoles françaises d’ingénieurs, chiffres clés 2023 – 2024 » :
    http://www.cdefi.fr/fr/la-cdefi/chiffres-cles ↩︎
  43. https://www.syntec-ingenierie.fr/actualites/penurie-professionnels-repondez-enquete/ ↩︎
  44. Etat de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation en France n°12 :
    https://publication.enseignementsup-recherche.gouv.fr/eesr/FR/EESR12_ES_15/les_etudiants_etrangers_dans_l_enseignement_superieur/#:~:text=Aujourd’hui%2C%2015%20%25%20des,et%2041%20%25%20en%20doctorat ↩︎
  45. Note DEPP n°22.44, Le parcours sur deux ans des apprentis et des lycéens sortis en 2019 de formations professionnelles de niveau CAP à BTS :
    https://www.education.gouv.fr/les-parcours-sur-deux-ans-des-apprentis-et-des-lyceens-sortis-en-2019-de-formations-professionnelles-343906 ↩︎
  46. OCDE, Regards sur l’éducation 2020, page 91 :
    https://www.oecd.org/content/dam/oecd/fr/publications/reports/2020/09/education-at-a-glance-2020_19b01e87/7adde83a-fr.pdf ↩︎
  47. OCDE, Regards sur l’éducation 2020, page 376 :
    https://www.oecd.org/content/dam/oecd/fr/publications/reports/2020/09/education-at-a-glance-2020_19b01e87/7adde83a-fr.pdf ↩︎
  48. Idem ↩︎
  49. OCDE, « Perspectives des migrations internationales 2024 », page 63 : https://www.oecd.org/content/dam/oecd/fr/publications/reports/2024/11/international-migration-outlook-2024_c6f3e803/4fa9de98-fr.pdf ↩︎
  50. Idem ↩︎
  51. Banque Mondiale, « PIB par habitant ($ US courants) », consulté le 16/06/2025 : https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NY.GDP.PCAP.CD?name_desc=false ↩︎
  52. INSEE, Inactivité, chômage et emploi des immigrés et descendants d’immigrés – Données annuelles 2023
    https://www.insee.fr/fr/statistiques/4195420 ↩︎